Voyage aux Amériques

4 années de préparation intensive auront été nécessaires pour mener à bien notre projet de descente du continent américain. Le moment fatidique enfin venu, nous embarquons le Land dans un container à Fos sur Mer au mois de juin 2006 sous une chaleur écrasante. Fabrice sue sang et eau par les 40°C pour enlever les ressorts nous permettant ainsi de passer le seuil de la porte à 2,28 m. Deux semaines plus tard, c'est à notre tour de faire le grand saut vers l'inconnu en traversant l'Atlantique en direction de Montréal.
Nous pensions naïvement qu'un pays civilisé comme le Canada nous permettrait de récupérer rapidement le véhicule. Eh bien, non ! Les formalités sont nombreuses et nous nous voyons octroyer un grand nettoyage (superflu au vue de notre Land tout propre !) pour la bagatelle de quelques centaines de dollars. Ces incidents inhérents à tout voyage sont vite oubliés pour profiter de la région de Québec. Nous visitons ainsi les chutes de Montmorency, théâtre d'une bataille mémorable. Ensuite, direction le sud pour admirer les chutes de Niagara.
Dans notre grand traversée est ouest du Canada, nous serons invités successivement par deux familles de l'Ontario nous faisant les honneurs de leur cabane au bord de lac.
A la deuxième rencontre, nous faisons la connaissance d'une famille autrichienne voyageant en Land 130. Les soirées seront bien animées par nos échanges de bons tuyaux.

Les 9000 km qui nous séparent de l'Alaska sont rythmés par des paysages de lacs et de forêts et par notre recherche quotidienne de bivouacs sauvages. Un vrai plaisir pour toute la famille de vivre au milieu de la nature mais attention aux moustiques et ours venus nous rendre visite le soir et pendant la nuit !

Dès notre arrivée en Alaska, nous décidons de franchir la limite du cercle polaire et de monter le plus haut possible jusqu'à l'Océan Glacial Arctique. Les paysages sont à couper le souffle mais la neige fait son apparition en plein mois d'août nous rappelant que l'été est vraiment court en ces latitudes. Pour augmenter les difficultés de notre vie en extérieur, le chauffage refuse de démarrer nous obligeant à dormir à des températures négatives dans notre tente de toit : nous avons la surprise au réveil de constater des stalactites de glace au-dessus de nos têtes. Nous ne nous attardons pas et redescendons en nous offrant un bain de chaleur dans une des sources d'eau chaude de la région : Il était temps.

A Fairbanks, lors d'un bivouac, des lueurs multicolores dans le ciel nous intriguent : ce sont nos premières aurores boréales ! Nous avons obtenu le contact d'une personne susceptible de changer notre bougie de préchauffage défectueuse grâce à son boîtier électronique de réinitialisation, obligatoire et que nous ne possédons évidemment pas ! Nous devons attendre une semaine pour que la pièce arrive du Canada. Pendant ce temps, nous partons visiter toutes les routes et pistes accessibles l'été.

Un petit tour à la péninsule du Kenai, pour visiter lacs et glaciers et apercevoir de loin des bélugas. Un autre tour à Valdez pour admirer les gigantesques cascades et donner l'occasion à Florence de pêcher ses premiers saumons à la main ! Retour sur Anchorage pour visiter le zoo où des animaux malades ou blessés sont soignés pour être ensuite relâchés dans la nature si leur état le permet. Florence réalise ainsi son grand rêve : voir un lynx ! Paul Harrison nous reçoit dans sa maison pour réparer notre chauffage. Mais, rien n'y fait, même le nettoyage de l'ensemble, il ne veut pas démarrer, seule possibilité le changer. Mais ce n'était pas prévu dans nos finances… Nous décidons de nous en passer !
Quand nous revenons au Canada, nous traversons une ville très connue pour la ruée vers l'or : Dawson City ! Le soir, au bivouac, le ciel enfin bien pur sans nuages (ce qui n'est pas souvent le cas dans le Grand Nord), nous observons nos deuxièmes aurores boréales vertes pendant plus de deux heures. Nous ne nous attardons pas au Canada et filons rapidement sur les USA. Dès la frontière traversée, Fabrice entend des bruits bizarres sous le véhicule : un croisillon vient de lâcher ! Qu'à cela ne tienne, Fabrice s'attaque à son remplacement au bord de la route. Notre premier parc des USA est Yellowstone. Nous nous promenons à pied pour nous réchauffer de la neige tombant déjà mi-septembre au milieu des fumerolles et des geysers.
Les bivouacs dans cette région sont relativement froids et seul le feu de camp nous réchauffe après une douche glacée. Plus au sud, nous trouvons nos premières gravures rupestres dans le parc des Dinosaures. A Moab, nous tombons sur le rassemblement de Land Rover le plus important des USA. Aussitôt, nous sommes intégrés et conviés à les suivre sur les différents parcours au milieu d'une nature grandiose. Fabrice ne se sent tout de même pas à l'aise avec les 3,5t de notre chargement sur des dévers de 30°. Le parc de Monument Valley en pleine réserve indienne nous accueille avec ses paysages de western où se sont déroulés nombre de grands films.
Autre lieu historique : le Grand Canyon dont nous découvrons les deux faces. La première très touristique ne nous laisse pas un moment de quiétude avec ses milliers de touristes penchés au-dessus des gorges vertigineuses. Après avoir épuisé tous les endroits réglementés où nous faisons une halte, nous partons sur des pistes inusitées en dehors du parc pour admirer le canyon sous d'autres angles…moins touristiques : il faut bien que le Land serve ! Les enfants rêvent de faire la découverte de Las Vegas avec ses multiples paillettes et ses immenses casinos.
La tranquillité de la Vallée de la mort nous offre un sérieux contraste avec la frénésie de la ville de Las Vegas. Nous découvrons le lac salé asséché situé à 85m au-dessous du niveau de la mer. Nous partons ensuite randonner sur les chemins pour découvrir les curiosités géologiques de la zone. Les pistes nous donnent aussi l'occasion de nous éloigner pour tomber par exemple sur un camp de naturistes au beau milieu du désert. Un petit tour au parc des séquoias géants, de quoi nous rafraîchir !
Nous décidons d'entrer au Mexique par la Baja California . Quand, un bruit soudain sous le véhicule nous laisse présager un repos forcé aux USA. Heureusement, un bon samaritain américain du nom de Dan nous tracte et nous accueille au sein de sa demeure le temps des réparations. La boîte de transfert a explosé et il faut trouver un garagiste susceptible de la réparer. C'est un argentin qui s'attellera à la tâche mais tout compris notre séjour durera pas loin de trois semaines supplémentaires. Un grand merci à la famille de Dan et Lourdes : qui a dit que les américains n'étaient pas sympathiques et hospitaliers ! Nous entrons avec notre nouvelle boîte de transfert au Mexique : les formalités dureront tout de même deux heures et quelques dizaines de dollars.
Nous reprenons le rythme des bivouacs sauvages et le bon feu de camp de... cactus en ce début décembre. Lors d'un campement, nous rencontrons une organisation de raids américaine qui nous donnent les points GPS d'une ancienne mission abandonnée et d'un désert de cactus. Ils nous mettent en garde : le coin n'est pas fréquenté mais nous avons le véhicule pour passer les gués. Ce sera l'occasion d'un superbe plantage de 24 h !
En revanche, l'immense jardin de cactus nous émerveille et les enfants ouvrent de grands yeux devant des spécimens totalement inconnus. Le lendemain, l'église de Santa Rosalia nous ouvre ses portes : qu'a-t-elle donc de particulier ? Tout simplement, son concepteur : Gustave Eiffel ! Nous rejoignons la pointe sud de la péninsule pour prendre le ferry et ainsi gagner ce que les mexicains appellent le continent. Plusieurs jours d'attente …sur des plages aux eaux bleues turquoises seront nécessaires pour obtenir le précieux sésame tant les foules sont grandes en cette période de Noël.
Les paysages changent et nous trouvons encore des lieux de bivouacs magiques. Nous visitons quelques églises, lieux de culte importants pour les mexicains et nous nous extasions sur les crèches à grandeur humaine partout présentes même dans les plus petits villages. Noël arrive et le temps se dégrade : nous redescendons rapidement les montagnes pour trouver un endroit plus chaud pour le fêter.
Auprès des cactus candélabres, autour d'un bon feu de camp, nous échangeons nos minuscules cadeaux. Nous aurons tout de même -3°C au réveil. Heureusement, le chauffage s'est remis en marche, la cause : tout simplement un problème de retour de masse : ouf ! Notre premier site aztèque : La Quemada dans le Centre du Pays. Nous passons alternativement des montagnes arides et froides à la végétation tropicale luxuriante des côtes pour nous rendre aux environs de Mexico dans le but de visiter le site aztèque de Téotihuacan.
Le soir venu, point de salut pour le bivouac, nous nous réfugions en dernier recours à une station-service où la propriétaire soucieuse de notre santé en raison du froid extérieur nous invite dans sa demeure : quelle hospitalité !
Plus au sud, le site de Palenque au milieu de la jungle nous enchante.
Les chutes d'Agua Azul nous donne l'occasion de nous rafraîchir dans cette atmosphère 100% humide.

Une visite à un autre site Maya peu connu : Calakmul. Très peu de touristes donc beaucoup d'animaux sauvages qui s'ébattent en toute liberté.

Un petit plongeon dans les Caraïbes qui n'en a pas rêvé ! Eh bien ! Nous nous l'offrons après avoir déniché une plage isolée. Les enfants se régalent : Vincent en construisant sa hutte et Florence en essayant de décrocher des noix de coco bien arrimées ! Un pur moment de bonheur justifiant tous les sacrifices consentis ! Nous décidons de ne pas nous attarder sur le sol du Belize et traversons ce pays rapidement en quelques heures pour nous rendre au site de Tikal au Guatemala. Ouf, deux frontières dans la même journée c'est-à-dire quatre postes différents, c'est bien usant pour les nerfs! Nous n'arriverons jamais à apprécier ces passages de frontières en Amérique Centrale : heureusement, nous nous armons de patience et refusons de payer un quelconque bakchich pour accélérer la procédure. Nous devrons ainsi quelquefois attendre plus de deux heures à chaque poste!
Le site de Tikal est merveilleux de part son emplacement au milieu d'une réserve de biosphère mais aussi pour ses bâtiments très bien conservés. Nous passons plusieurs heures à déambuler dans ses allées. Nous ne voulons tout de même pas en rester là et notre soif de découverte nous pousse à franchir la barrière qui nous mène encore plus loin dans la forêt vierge vers d'autres lieux historiques mayas, en obtenant une autorisation spéciale pour Uaxactun. C'est alors Antonio qui nous accueille dans la cour de sa maison, nous initie à la récolte du Chicle (pâte à chewing-gum naturelle) et nous fait les honneurs de son musée qui regroupe tous les objets ramassés au milieu de la jungle dans des temples mayas. Il organise aussi des expéditions dans la jungle à la découverte de sites mayas : rendez-vous est pris dans quelques années !
Les cartes du Guatemala sont totalement imprécises et en voulant prendre une piste bien marquée, nous nous enlisons dans un chemin boueux.
Trois heures et de nombreux bras de Quechis seront nécessaires pour nous sortir de ce mauvais pas.
Mais alors quel plaisir, le lendemain de se réveiller au milieu de huttes nimbées de brume matinale et d'une population locale curieuse d'aller à la rencontre des autres. Nous nous improvisons infirmiers pour soigner les rhumatismes ou un méchant coup de machette qui s'infectait sur le tibia d'une fillette de 4 ans. Nous apprendrons plus tard que les médecins des ONG ne s'aventurent jamais dans ces zones isolées.
Nous reprenons la grande piste qui se transforme bientôt en minuscule chemin en raison de travaux de réfection. Nous arrivons ainsi à des grottes et aux célèbres cascades de Semuc Champey : un bain mémorable dans des eaux bleues turquoises ! Il est temps de changer les silentblocs du pont avant qui s'usent rapidement. Nous trouvons un garagiste qui s'en charge et nous offre ensuite le gîte et le couvert: que demander de mieux ! Nous sommes ravis de partager une tranche de vie guatémaltèque avec cette généreuse famille. Nous bifurquons vers l'ouest sur une piste quand dans une mesure d'évitement d'un camion lancé à vive allure, Fabrice bascule dans le fossé de plusieurs dizaines de mètres. Heureusement, deux roues sont encore sur la terre ferme, encore que … pas trop ferme. Valérie et les enfants sortent pendant que les guatémaltèques prennent la situation en main en sécurisant le véhicule par les deux bouts. Les deux camions ainsi arrimés à notre Land tirent en même temps et dégagent du fossé notre fidèle compagnon : il était temps, Fabrice sentait le véhicule partir !
Nous nous offrons un pause touristique au bord du lac Atitlan où la ville de Panajachel est nommée par les locaux Gringotenango : autant dire l'affluence des touristes blancs ! En voulant comme à notre habitude sortir des sentiers battus en contournant le lac, nous tombons sur un policier soucieux de notre sécurité qui nous raccompagnera à notre camping : en fait, une bande armée sévit actuellement dans les parages n'hésitant pas à raquetter les touristes ou tout simplement les assassiner si nécessaire. Tous les ans, quelques personnes y laissent la vie…
Avant de passer la frontière avec le Salvador, nous nous offrons des bains auprès de sources d'eau chaude bien sulfureuse.
Durant deux jours, nous traverserons successivement le Salvador, l'Honduras pour échouer au Nicaragua où nous nous octroyons une pause bien méritée au bord d'un lac.
Le Costa Rica nous accueille ensuite pour un séjour plus long. A la frontière, nous rencontrons des suisses qui nous donnent les coordonnées d'une finca où on peut camper en toute tranquillité au milieu des animaux : un vrai parc naturel que Agui et Guido ont su préserver ! Nous partons ensuite à l'assaut des volcans nombreux en ce petit pays. On nous avait recommandé le parc de Cano Negro pour une ballade en bateau à la rencontre des oiseaux protégés et des caïmans.
Nous faisons le tour d'un lac pour nous diriger ensuite vers le parc de Monteverde où nous ferons une brève halte en raison des tarifs prohibitifs qu'il affiche : dans les 35 dollars par personne ! A quatre, impossible de s'offrir cette folie.
Nous redescendons sur la péninsule de Nicoya où une piste en bord de mer vaut amplement le déplacement ainsi qu'un petit bain dans les eaux chaudes du Pacifique à Samara. C'est alors, qu'une deuxième tuile nous tombe sur la tête : la boîte de vitesse fait du bruit ! Nous faisons immédiatement la relation entre les deux boîtes. Pas étonnant car c'est le même mécanicien qui les a refaites toutes les deux un an avant notre départ de France. Il faut se rendre à l'évidence les roulements n'ont pas été réglés et ils casseront donc à 60 000 et 70 000 km. Ce nouveau problème nous bloque quelques semaines au Costa Rica ! Nous repartirons avec une boîte en échange standard selon les bons conseils de Fechfech, tant les mécano d'ici ont mauvaise réputation. Nous avons tout de même certains doutes sur cette nouvelle boîte car certaines vitesses ne passent pas bien voire pas du tout si on ne bascule pas le levier dans un sens ou dans l'autre brutalement !

Il est temps de se rendre au Panama pour embarquer le Land dans un container à destination de Colombie. Nous prenons l'avion et atterrissons à Cartagena, magnifique ville sud américaine. Dès que le véhicule est arrivé, nous le débarquons le jour même : cela change des problèmes au Québec ! Les colombiens sont courtois et prompts à rendre service pour chasser l'image négative diffusée par les médias européens. Nous choisissons de nous dérouter vers l'est sur la côte des Caraïbes car les colombiens nous le conseillent fortement en insistant bien sur le fait que la zone est sécurisée. Notre descente vers le sud nous conduit dans la région du café où nous visitons une hacienda.
Nous nous promenons dans un parc où les palmiers mesurent plus de 60 m. Nous délaissons les villes comme Bogota ou Medellin où notre mode de vie extérieur est impossible pour goûter les délices du désert de Tatacoa au sud-est de la Colombie. Nous y ferons un de nos bivouacs sauvages de rêve !
Demi-tour obligatoire car la zone montagneuse située ente le sud est et le sud ouest n'est pas sécurisée et nous ne tenons pas à prendre de risque inconsidéré.
Nous en prendrons tout de même plus tard en voulant éviter la ville de Cali et en empruntant un itinéraire peu fréquenté débouchant sur un barrage militaire bardé d'artillerie lourde qui nous regarderont comme des extra-terrestres : mais que viennent bien faire ici cette famille de voyageurs ! Ils sont fous ces français ! Ils ont bien raison et nous nous en voudrons de cette imprudence. "Il faut rester sur les routes principales sécurisées", nous serinent sans cesse les colombiens ! Avant de quitter la Colombie, nous nous arrêtons au haut lieu de la ferveur chrétienne colombienne : Las Lajas ! C'est en fait leur Lourdes locale.

On est le 1er mai. Difficile dans ces conditions de trouver un douanier équatorien pour faire tamponner le papier d'entrée du véhicule. Enfin, un gradé se dévoue et nous entrons dans ce nouveau pays. Un passage obligé à Quito pour visiter le parc de " La Mitad del Mundo " et mettre un pied de chaque côté des deux hémisphères. Et, changer encore les silentblocs du pont avant. Les paysages andins défilent sous les roues du Land entre 3000m et 4000m. Nous retrouvons les plaisirs du bivouac que nous avions un peu mis de côté en Colombie, sécurité oblige. En cherchant un lac d'altitude, nous tombons au bout d'une piste boueuse sur une école d'enfants indiens. Aussitôt, 50 petits lutins multicolores nous entourent, ravis de cette récréation impromptue. Enfin, le lac…

Après avoir récupéré les cours des enfants à Guayaquil, nous prenons de petites routes tortueuses pour rejoindre un poste frontière avec le Pérou. Nous longeons la côte Pacifique en empruntant la Panaméricaine route rectiligne au milieu d'un désert de sable.
Nous atteignons Lima, capitale du Pérou et trouvons un petit hôtel où nous pouvons camper sur le parking pour déambuler dans les rues de cette ville. Avant de monter dans les Andes, nous faisons une petite halte à Nazca pour admirer les fameuses lignes.

L'ascension des cols de plus de 4000m nous transporte immédiatement au milieu de lacs où paissent tranquillement lamas, alpagas et vigognes. Notre but Cuzco est atteint au bout de deux jours. Nous avons plaisir à nous promener dans ces rues chargées d'histoire et sur les marchés multicolores où nous faisons provision de fruits et légumes : toutefois, âmes sensibles s'abstenir d'aller dans la zone des bouchers !
Nous rayonnons dans la vallée sacrée en faisant une boucle passant par Ollantaytambo, village de montagne gardant le charme de ses ruelles sillonnant au milieu des constructions dont les fondations sont d'origine ! De retour à Cuzco, nous prenons la décision de ne pas aller au Machu Pichu car le budget de 500 euros tout compris pour quatre personnes en seulement 24 h nous semble rédhibitoire pour nos finances.
Nous prenons donc la direction du lac Titicaca pour visiter les célèbres îles flottantes. Un petit arrêt à Arequipa et nous voilà prêts à arpenter la côte ouest du Pérou pour nous rendre au Chili. Arica à l'extrême nord du Chili nous accueille et nous faisons une petite pause auprès du musée où des momies très bien conservées sont exposées ainsi que quelques ustensiles récupérées sur les fouilles. Autre curiosité : encore une église de Gustave Eiffel ! Quel voyageur ! Un petit tour sur le port nous permet d'observer des lions de mer bien querelleurs ! Sur notre trajet vers Antofagasta, nous croisons des géoglyphes bien conservés dont le géant d'Atacama qui mesure plus de 90m de haut : bien impressionnant ! Nous avons rendez-vous avec des astronomes du Very Large Telescope pour filmer l'installation. Il est temps alors de songer à se rapprocher de la frontière argentine. Nous choisissons de faire un petit arrêt à San Pedro de Atacama, ville trop touristique à notre goût: nous ne nous y attardons guère. Pressés par le temps car nous devons rejoindre l'équipe de M6 en Argentine, nous ne nous renseignons pas sur les formalités. Nous montons donc le col et passons de 2300m à 4900m en 30km. Il est trop tard pour songer à passer la frontière. Nous bivouaquons donc à 4400m à -25°C sans tenir compte du vent: autant dire que la nuit fut courte car impossible de manger correctement et de dormir dans la tente malgré le chauffage. Au matin, les réservoirs d'eau pourtant intérieurs sont gelés. Nous levons donc le camp rapidement vers la frontière. Et là, nous apprenons que le formalités pour sortir du Chili sont à effectuer à San Pedro. Ils ne veulent rien entendre et nous font refaire les 170km qui nous séparent de San Pedro. Evidemment, la superbe côte se transforme en descente infernale. Fabrice passe la troisième pour ralentir le véhicule lancé à 50 km /h quand un bruit se fait entendre : pas bon signe du tout ! On arrive tout de même à cette frontière chilienne. Fabrice passe une heure et demie sous le land pour tout vérifier : aucun problème visible ! Il faut se rendre à l'évidence la boîte de vitesse a encre lâché : nos doutes au Costa Rica semblent se confirmer ! Nous prenons la décision de rouler malgré le petit bruit jusqu'à Salta pour tenter de la réparer en moins d'une semaine. Un nouveau dodo à 4000m glacial et une descente côté argentin au milieu de roches colorées. Le bruit se fait persistant et Fabrice roule en quatrième courte ou longue pour ménager le roulement qui est en train de lâcher. Ouf ! le camping de Salta à l'horizon. Nous rencontrons Bernard et Audrey en Ambuland et passons en leur compagnie plusieurs jours à deviser gaiement autour d'un bon feu de camp !
Nous trouvons un garagiste qui fait les japonaises et veut bien nous la réparer. Malheureusement, nous récupérons à 21h la voiture et ne pouvons donc pas la tester. Le lendemain, nous devons aller chercher les journalistes à 5h de route de Salta. Sur le trajet, nous apercevons une mare d'huile sous le véhicule. Le mécanicien a oublié de mettre un joint ! Mais ce n'est pas tout, le pot est mal remonté et fait un bruit d'enfer, la transmission est mise à l'envers : Fabrice fulmine mais pas de solution pour le moment, sauf remettre régulièrement de l'huile ! Nous passons quatre jours en compagnie de l'équipe de télévision en les emmenant dans la vallée de Cachi. Le cameraman et le preneur de son sont extrêmement enthousiastes par notre mode de vie et les paysages dans lesquels nous évoluons. Habitués à ce genre de projet, ils reviennent respectivement d'un voyage au Mali et pour d'une expédition à pied en Arctique. En revanche, c'est très dur pour la journaliste qui est habituée aux hôtels 5 étoiles ! Dire que nous lui offrons une infinité d'étoiles mais elle n'est pas sensible aux charmes des lieux et ne cesse de pianoter sur son téléphone portable qui évidemment ne passe pas : la vie est rude en bivouac ! Bref, nous la ramenons sur Salta dans un bel hôtel et nous nous installons au camping. Malheureusement, seule la journaliste participera au montage du film et elle y laissera paraître son ressenti bien négatif. Pour nous remettre de nos émotions, une surprise de taille nous attend : 3000 gauchos doivent défiler ce week-end en l'honneur de la fête annuelle de Salta ! Le problème de la boîte n'est pas résolu car le mécanicien ne veut pas reconnaître ses torts et demande une nouvelle avance pour réparer ses bêtises : nous ne cédons pas. Fabrice tente une réparation de fortune qui tiendra quelque temps. Nous avons réservé le bateau à Buenos Aires pour le retour. Nous embarquons donc fin juillet et mettrons 22 jours pour arriver à Hambourg mi-août. Le voyage s'achève donc après 70 000 km de traversée des Amériques et 13 mois de découverte et d'aventure. Notre bilan malgré la casse des trois boîtes est très positif : les enfants sont ravis d'avoir vécu au milieu de la nature et passent tous les deux dans la classe supérieure. Nous ramenons 14 000 photos et 40h de film. Fabrice décide de monter au retour le film de nos aventures et de mettre sur pied une entreprise de … réfection de boîtes de vitesses. Comme quoi, le voyage donne des idées !


Nous avons mis en ligne sur notre site www.lesquatrevieux.com les carnets de route de notre voyage ainsi que des extraits vidéo.
Photos et textes : Famille Quatrevieux





Cet article provient de Landmania
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